La flore intestinale et digestion

La flore intestinale et digestion

Flore intestinale et digestion sont liés. Déséquilibrée, la flore intestinale est synonyme de mauvaise santé ! Il est primordial de la reconstituer pour améliorer sa santé.

La flore intestinale, qu’est-ce que c’est ?

Des bactéries, des levures, des champignons et même des virus. Un mélange de tels organismes microscopiques – ou micro-organismes – à un endroit donné du corps humain constitue la flore intestinale. Les scientifiques différencient ainsi le microbiote intestinal (appelé communément flore intestinale), le microbiote buccal, le microbiote vaginal, le microbiote pulmonaire, le microbiote ORL, le microbiote cutané ou encore le microbiote mammaire. 

Bon à savoir :la composition des microbiotes s’avère être étroitement liée à notre santé. Un changement de la variété et de la diversité des micro-organismes contenus dans le microbiote constitue un déséquilibre, appelé dysbiose. Depuis quelques années, les médecins associent les dysbioses du microbiote à des vulnérabilités aux infections et à diverses pathologies immunitaires, métaboliques ou inflammatoires.

Les signes qui montrent une flore intestinale déréglée

Des troubles digestifs fréquents

Le microbiote, qu’est-ce que c’est ?

Un déséquilibre de la flore intestinale peut se traduire par des troubles digestifs fréquents voire chroniques. Ils peuvent toucher différentes parties du tube digestif. Ils se révéler ainsi par des ballonnements, de la constipation, des diarrhées, des reflux gastro-œsophagien ou des maux de ventre.

« Il n’est pas toujours facile d’identifier les causes de ces troubles qui peuvent être dus au stress mais qui sont aussi souvent liés à un microbiote déséquilibré » écrit Daniel Sincholle, docteur en pharmacie et pharmacologue spécialisé en nutrition dans son ouvrage Le nouveau guide des probiotiques(Thierry Souccar Editions, 2018).

Une anxiété récurrente

Signe n°2 : une anxiété récurrente

Le stress, la dépression et l’anxiété peuvent être le signe d’un dérèglement de la flore intestinale. En effet, « intestin et cerveau communiquent et des recherches récentes ont mis en évidence des troubles du microbiote chez les personnes anxieuses et déprimées » dévoile le docteur Sincholle dans son livre.

Comment faire ? « Certains probiotiques par voie orale peuvent diminuer le niveau de cortisol, l’hormone du stress, dont le niveau est élevé dans les troubles anxieux » propose le docteur en pharmacie. « Un probiotique est une bactérie ou une levure extérieure à notre organisme et à notre microbiote – l’ensemble des bactéries de notre organisme – qui apporte un effet positif sur notre santé », expliquait à Medisite le docteur Richard Haddad, médecin généraliste spécialisé en nutrition.

Des maladies à répétition

Signe n°3 : des maladies à répétition

Chaque hiver, c’est pareil, vous attrapez tous les rhumes et toutes les gastro-entérites de votre entourage ? C’est peut-être votre microbiote qui est à blâmer. C’est en effet « le signe que votre système immunitaire ne remplit pas complètement ses fonctions », selon le docteur Sincholle.

Or, « la flore intestinale est l’un des éléments qui concourent à l’immunité » rappelle le pharmacien.

Une tendance à prendre du poids facilement

Signe n°4 : une tendance à prendre du poids facilement

Le microbiote n’est pas le seul facteur à agir sur la prise de poids, mais il peut y contribuer. Si votre hygiène de vie est saine, que vous faites du sport, que vous observez une alimentation variée et équilibrée mais que malgré cela vous n’arrivez pas à perdre du poids, votre microbiote est peut-être impliqué.

Pourquoi ? « Les chercheurs pensent que la flore intestinale influence la sensation de satiété, la régulation de l’appétit et le niveau de certaines hormones impliquées dans la gestion du poids comme la leptine », nous apprend le docteur Sincholle dans son livre.

Des diarrhées après un traitement antibiotique

Signe n°5 : des diarrhées après un traitement antibiotique

Chez certaines personnes, la prise d’antibiotiques peut dérégler le microbiote intestinal et être à l’origine de troubles digestifs comme des diarrhées. Si c’est votre cas, « ce peut être le signe que votre intestin n’abrite pas suffisamment de bonnes bactéries » relève le docteur Sincholle.

Pourquoi ? « Les antibiotiques éliminent à la fois des bactéries pathogènes et des bactéries utiles. Mais si ces dernières ne sont pas en nombre suffisant et pas suffisamment diversifiées, elles peuvent être supplantées par des bactéries mois favorables. Ce qui peut conduire à une inflammation intestinale et la diarrhée » détaille le pharmacien.

Comment faire ? Pour éviter ces désagréments intestinaux pendant un traitement antibiotique, vous pouvez entretenir votre microbiote en prenant des probiotiques soit en consommant des aliments et des boissons qui en contiennent en grande quantité (comme les yaourts, le kéfir, le kombucha, la choucroute, les cornichons, les olives ou encore les légumes lacto-fermentés) soit en les prenant sous forme de compléments alimentaires.

Les façons relativement simples d’équilibrer la flore intestinale pour être en meilleure santé

La flore intestinale n’a pas qu’une fonction digestive. Cet ensemble de bactéries est appelé microbiote. Il joue un rôle fondamental dans l’immunité et la régulation du poids et communique en permanence avec notre cerveau. 

« La nutrition est un levier sur lequel on peut jouer pour favoriser la diversité bactérienne et être ainsi mieux protégé contre les maladies où son appauvrissement est impliqué comme le diabète, l’obésité, les MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin), les allergies ou le syndrome métabolique » dit Joël Doré, directeur de recherche à l’Unité d’écologie et de physiologie du système digestif (Inra). 

L’activité physique semble aussi lui être favorable, au contraire des traitements antibiotiques répétés. 

Miser sur les fibres

« L’alimentation moderne s’est chargée en sucres, en graisses et en protéines alors que ce sont les fibres alimentaires qui sont particulièrement appropriées aux bactéries intestinales », poursuit Joël Doré. Il faudrait donc mettre dans son assiette plus de fibres. Toutes les fibres sont utiles. Les solubles, appelées prébiotiques (capables de se dissoudre dans l’eau pour former un gel visqueux) comme les insolubles.  

« Les bactéries intestinales s’en nourrissent, les dégradent, les fermentent, générant alors de nouveaux composés essentiels au bon fonctionnement de l’organisme. En clair, c’est la diversité des fibres qui fait la diversité du microbiote » explique le chercheur.

Où les trouver ? Tous les fruits et les légumes en contiennent ainsi que les légumineuses (lentilles, pois cassés, haricots secs…), les céréales complètes (c’est dans l’enveloppe du grain que se trouvent principalement les fibres), les fruits à coque (amandes, noix, noisettes, noix de coco) et les fruits secs. 

Combien faudrait-il en consommer ? « À chaque repas, insiste Joël Doré. Et pour être sûr de diversifier la nature des fibres, il suffit qu’au moins trois genres différents de produits végétaux y figurent. »

Et si on les digère mal ? Les fibres ont tendance à provoquer des ballonnements. Mieux vaut consommer fruits et légumes plutôt cuits, la cuisson adoucissant les fibres insolubles et les rendant plus digestes. Modérer aussi les aliments très fermentescibles (chicorée, oignon, ail, poireau, ail, asperge, artichaut, topinambour, salsifis, endive, pomme, légumineuses, chou, pastèque, concombre, kiwi, raisin, figue).

Si on souffre du syndrome de l’intestin irritable, il est préférable de limiter la consommation de fibres insolubles. Produits céréaliers complets, fruits et légumes à peau comestible (figues, tomates, courgette, poivron, radis…), salade, céleri, chou-fleur, légumineuses, fruits secs… Pas de restriction en revanche pour les fibres solubles, douces pour l’intestin. L’ avoine, seigle, orge, pomme, poire, coing, baies, raisin, orange, pêche, pamplemousse, chicorée, oignon, ail, poireau, ail, asperge, artichaut, topinambour, salsifis, endive.

Ne pas négliger les probiotiques

« Certains probiotiques ont un effet plutôt anti-inflammatoire, certes modeste, mais intéressant pour le microbiote », atteste Joël Doré.

Où les trouver ? Dans les yaourts et les laits fermentés vendus au rayon des laits frais (lait ribot, Yorik, Elben…). Mais aussi dans les fromages fermentés non pasteurisés à pâte dure (gruyère, cantal…), persillés (bleus, fourme, roquefort) ou encore à pâte molle (munster, livarot, camembert…) sachant que, pour ces derniers, les bactéries ne sont présentes que dans la croûte. D’autres aliments comme la choucroute crue, le pain au levain, certains produits dérivés du soja (miso, tempeh) ainsi que les olives en contiennent. 

Sous forme de complément alimentaire. Aucun n’a pour l’instant démontré d’efficacité pour prévenir l’obésité. En revanche, plusieurs études ont montré que certaines souches avaient un effet bénéfique sur les symptômes de l’intestin irritable (douleur abdominale, inconfort), mais pas chez tout le monde ni avec les mêmes résultats. 

Limiter la viande rouge

La viande rouge augmente le risque de cancer du côlon, probablement en raison d’une oxydation des lipides par le fer. Or, des chercheurs français (laboratoire de recherche en toxicologie alimentaire ToxAlim, Inra) ont récemment découvert que le microbiote facilitait cette oxydation ! 

Ce que nous apprend une autre étude, américaine cette fois (publiée en 2012), c’est qu’un régime alimentaire riche en carnitine, un acide aminé présent en grande quantité dans la viande rouge – mais aussi dans certaines boissons énergisantes et compléments alimentaires visant à mincir ou à améliorer les performances physiques – favorise la prolifération de certaines bactéries impliquées dans une réaction chimique néfaste pour le système cardiovasculaire. 

Modérer les produits sucrés

« En comparant le microbiote de personnes en surpoids selon leur profil alimentaire, nous avons constaté que celles qui consomment beaucoup de sucreries et de boissons sucrées ont une flore appauvrie et présentent une inflammation importante au niveau du tissu adipeux, souligne le Pr Karine Clément, médecin directrice de l’Institut de cardiométabolisme et nutrition. Chez celles dont l’alimentation est riche en fruits, mais aussi en yaourts et en soupes, c’est exactement l’inverse. » 

Des chercheurs américains ont de leur côté montré qu’un régime riche en sucre provoquait, en tout cas chez la souris, une altération du microbiote et des performances cognitives (adaptation à un nouvel environnement, mémoire…). 

Pratiquer une activité physique

Il ne s’agit que d’une étude (Université de Cork, 2014), qui portait de surcroît sur des joueurs de rugby professionnels. Mais elle montrait quand même que tous ces athlètes avaient un microbiote particulièrement diversifié ! Plusieurs travaux évaluant l’impact de l’activité physique sur la flore sont en cours. Mais compte tenu de tous les avantages qu’on lui connaît déjà, on peut sans attendre suivre les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Pratiquer une activité d’endurance (marche, vélo, natation…) au minimum 150 minutes par semaine. Si elle est d’intensité modérée et au minimum 75 minutes si elle est soutenue. 

Point important : l’activité doit toujours être pratiquée par périodes d’au moins 20 minutes. L’idéal est de compléter par des exercices de renforcement des grands groupes musculaires (cuisses, abdos, bras, pectoraux, dos…) au moins deux fois par semaine. 

Ne prendre des antibiotiques que s’ils sont vraiment nécessaires

En détruisant les mauvaises bactéries mais aussi les bonnes, ces médicaments perturbent en effet l’équilibre des espèces qui composent le microbiote. Certes, celui-ci tend à revenir à son état initial en un à deux mois après la fin du traitement. Sauf que de nombreuses études montrent que des traitements répétés finissent par affaiblir durablement la flore. Et qu’en outre, ces mêmes traitements peuvent parallèlement entraîner un phénomène de résistance des microbes pathogènes au détriment des “bonnes” bactéries. 

L’idée n’est donc pas de renoncer aux antibiotiques, mais de ne les utiliser que s’ils sont vraiment indispensables. En y associant, s’ils ont tendance à provoquer une diarrhée, la levure probiotique Saccharomyces boulardii, dont l’efficacité a été démontrée dans cette indication (par exemple Ultra-Levure, à raison de 200 mg/jour dès le début du traitement et en poursuivant cinq à six jours après la fin).

Sources : santemagazine.fr et medisite.fr

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